Page De Garde Cahier De Poésie 1ere

Ah, la page de garde du cahier de poésie en 1ère... Un monument de l'adolescence, un lieu de tous les possibles, et surtout, un champ de bataille où l'inspiration le dispute à l'angoisse de la page blanche. Soyons honnêtes, combien d'entre nous ont réellement embrassé cette tâche avec enthousiasme, sans un soupçon de procrastination?
On se souvient tous (ou presque) de ce moment fatidique: Madame Michu (ou Monsieur Dubois, soyons équitables) annonce solennellement: "Pour la semaine prochaine, une belle page de garde pour vos cahiers de poésie!" Et là, c'est le drame. Immédiatement, on est confronté à un dilemme cornélien: est-ce qu'on opte pour la sobriété élégante ou pour l'explosion artistique dignes de Picasso sous acide?
Et puis, il y a la question du contenu. Qu'est-ce qu'on met sur cette fameuse page? Le titre, bien sûr. "Cahier de Poésie". Très original. On pourrait envisager des options plus audacieuses, comme "Le Recueil des Vers Sublimes" ou "L'Antre des Rimes Rebelles". Mais soyons réalistes, on a plus souvent opté pour la version minimaliste. Pas de risque de se faire remarquer, surtout si on n'a pas encore écrit un seul poème qui vaille la peine d'être lu.
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Le collage: Une valeur sûre. On découpe des images de magazines (souvent sans rapport direct avec la poésie, soyons honnêtes), on les colle tant bien que mal, et on espère que l'ensemble aura une allure vaguement artistique. Mention spéciale aux images de paysages romantiques ou de portraits d'écrivains à la mine sombre et tourmentée.

Le dessin: Si on avait un talent quelconque en la matière, on se serait déjà fait repérer par Disney. Mais non. On se contente donc de gribouillis plus ou moins inspirés, de tentatives maladroites de calligraphie, et de quelques cœurs transpercés (parce que, soyons honnêtes, l'amour, c'est quand même un sujet de poésie qui cartonne). L’important, c’est de participer!
Le feutre fluo: L'arme ultime pour camoufler son manque de talent. On souligne tout, on surligne n'importe quoi, et on espère que l'excès de couleur détournera l'attention du contenu réel de la page. Efficacité garantie (ou presque).

Et n'oublions pas la fameuse citation. Généralement empruntée à Baudelaire ou Rimbaud, histoire de faire savant. On la recopie consciencieusement, en espérant secrètement que Madame Michu/Monsieur Dubois ne nous demandera pas d'expliquer le sens profond de ces vers. Car, avouons-le, on n'en a souvent pas la moindre idée.
L'objectif ultime: ne pas se faire remarquer (dans le mauvais sens du terme)

Au fond, la page de garde du cahier de poésie en 1ère, c'est un peu comme un examen d'entrée dans le monde (très) fermé de la littérature. Il faut faire ses preuves, montrer qu'on est capable de respecter les codes, tout en laissant entrevoir une petite étincelle de créativité. Un exercice d'équilibriste périlleux, mais ô combien formateur.
Alors, la prochaine fois que vous croiserez un ancien cahier de poésie, prenez un instant pour admirer cette page de garde, vestige d'une époque où l'encre coulait à flots (et pas seulement sur les copies), où les rimes étaient balbutiées, et où l'angoisse de la page blanche était vaincue, au moins temporairement, par un coup de feutre fluo bien placé. Parce qu’au final, n’est-ce pas ça, la poésie? Un joyeux bordel organisé.
Conclusion : Et si on relançait la mode de la page de garde en version adulte ? Imaginez les possibilités : des citations de notre déclaration d'impôts en Comic Sans MS, des collages de factures EDF, des dessins représentant nos nuits blanches… La poésie est partout, même là où on ne l'attend pas! (Mais surtout, n'oubliez pas de payer vos impôts à temps, hein!).
