Osamu Dazai La Déchéance D'un Homme

Alors, parlons d'un truc. Un truc qu'on ne dit pas souvent. Un truc... sur La Déchéance d'un Homme de Osamu Dazai. Oui, ce livre. Celui que tout le monde adore et qualifie de "chef-d'œuvre" et de "profond".
Je vais peut-être me faire des ennemis, mais... est-ce qu'on peut avouer que c'est un peu overrated ?
Attention, attention ! Je ne dis pas que c'est nul. Loin de là. Dazai savait écrire, c'est indéniable. Ses mots ont une certaine beauté triste, une mélancolie touchante. On sent la douleur, la détresse... Mais, soyons honnêtes, est-ce qu'on a vraiment besoin de tout ça ?
Must Read
Le cliché du génie torturé
Yozo Oba, le protagoniste, est l'incarnation du cliché du génie torturé. L'artiste incompris, incapable de s'adapter à la société, qui sombre dans la drogue, l'alcool, la dépression... On a compris. C'est tragique. Mais combien de fois a-t-on vu cette histoire ?
Et puis, avouons-le, Yozo est un peu agaçant. Il se plaint, il se lamente, il se victimise... On a envie de lui dire : "Allez, secoue-toi un peu !" Mais non. Il préfère se laisser sombrer. C'est son droit, bien sûr. Mais est-ce vraiment passionnant à lire pendant 200 pages ?

Une question de perspective
Peut-être que mon problème, c'est que je suis trop terre-à-terre. Je préfère les histoires avec un peu d'espoir, un peu de lumière. La Déchéance d'un Homme, c'est l'obscurité totale. C'est un trou noir existentiel. Et après l'avoir lu, on a juste envie de prendre un bon bain chaud et de regarder une comédie romantique.
Je comprends que certains y voient une critique de la société japonaise, de l'hypocrisie, de la superficialité... Mais personnellement, j'ai surtout vu une excuse pour justifier ses propres faiblesses. Yozo blâme le monde entier pour ses problèmes, mais il ne prend jamais ses responsabilités.

C'est peut-être ça, le truc. On est en droit de s'identifier à Yozo, de ressentir de l'empathie pour lui. Mais est-ce qu'on doit l'admirer ? Est-ce qu'on doit le glorifier ? Je ne suis pas sûre.
Le pouvoir de l'autodestruction
Ce qui est fascinant, c'est la façon dont Dazai décrit l'autodestruction. On sent qu'il connaît bien le sujet. C'est peut-être ça, la clé du succès du livre. Il parle d'une expérience vécue, d'une souffrance réelle.

Mais encore une fois, est-ce que ça suffit à en faire un chef-d'œuvre ? Je ne sais pas. Je pense que ça dépend des sensibilités de chacun. Certains seront profondément touchés par la vulnérabilité de Yozo, d'autres trouveront ça simplement déprimant.
Moi, personnellement, je préfère relire No Longer Human en anglais que de le lire une seconde fois en français. La traduction atténue peut-être l'effet.

Alors voilà. J'ai dit ce que j'avais sur le cœur. Maintenant, vous pouvez me jeter des pierres. Ou pas. Peut-être que vous êtes d'accord avec moi, au fond. Peut-être que vous aussi, vous trouvez que La Déchéance d'un Homme est un peu surestimée.
Dans tous les cas, on peut en débattre autour d'un café. Ou d'un verre de saké. Mais pas trop. On ne voudrait pas finir comme Yozo, quand même...
"J’avais toujours détesté les gens, et depuis mon plus jeune âge, j’avais eu peur des gens, et depuis mon plus jeune âge, je ne savais pas comment communiquer avec les autres." - Osamu Dazai
